Le Bar rayé au Québec

Le Bar rayé au Québec

Le Bar rayé au Québec

L’histoire d’une résurrection 

Salut les amis, je profite du repos et de la fin de saison de pêche hivernale au Québec pour vous parler d’une espèce de grand intérêt que l’on retrouve ici, en Amérique du Nord, le bar rayé ou stripped bass, en anglais.

J’ai eu la chance de découvrir ce poisson l’été dernier, mais avant d’aborder l’espèce sur le plan de l’intérêt halieutique et sportif, il me semble important de vous parler de sa réintroduction dans le fleuve Saint-Laurent, et les plans de gestion du gouvernement autour de ce poisson.

Comparaison de la distribution historique de la population de bars rayés dans le Saint-Laurent avec la population actuelle basée sur les captures et observations effectuées entre 2003 et 2008.

Durant la première moitié du XXème siècle, ce poisson était très apprécié pour sa chair et subissait donc déjà une grande pression de la part des pêcheurs professionnels du fleuve Saint-Laurent. L’industrialisation grandissante liée à la mondialisation a forcé le pays à créer des canaux de circulation dans le fleuve pour les bateaux de marchandises, s’ajoute à ceci un apport important en sédiments dans le fleuve sur les zones de frayères qui se trouvent malheureusement proches des grandes villes. Cet ensemble de mauvais facteurs a causé la perte de l’espèce, qui en 1996 fut officiellement classée comme « disparue » du point de vue du gouvernement.

Dans le début des années 2000, des travaux de réintroduction ont donc été mis en place en collaboration avec la Fédération Québécoise des chasseurs et pêcheurs, la Fondation de la faune du Québec ainsi que la Fondation Hydro-Québec (l’équivalent de EDF mais au Québec). Le but est ainsi de prélever des alevins de bar rayé d’une souche issue de la rivière Miramichi (affluent du fleuve Saint-Laurent), entre 2002 et 2007 des bars juvéniles ont donc été prélevé puis transportés en pisciculture pour les faire grandir et ainsi lâcher chaque automne environ 50 000 bars de 8/10cm.

Aujourd’hui les populations se portent à merveille et elles s’étendent de Montréal jusqu’au bout de la Gaspésie.

 D’un point de vue sportif, c’est une espèce qui se démarque très largement de toutes les autres que l’on peut retrouver au Québec si on se base sur des critères de combativité/taille/quantité. Car faire des sessions de 2h en one cast/one fish sur des poissons de 60/70cm en moyenne c’est assez rare !

Lors de mes sessions je me dirigeais dans des deltas, embouchures de rivières à saumon ou le soir il y a une grande concentration de poissons fourrage type lançons, petit maquereaux, etc…

Le genre de choses typiques que peut recracher un seul bar les soirs d’activité

Je pêchais de 18h30 jusqu’à la tombée de la nuit, c’était la principale période d’activité des poissons que l’on pouvait saisir du bord.

En arrivant au spot il fallait localiser le banc de bars pour maximiser ses chances, beaucoup de pécheurs restaient dans la rivière, ce qui n’était pas mauvais mais 95% des poissons étaient + au large, c’est pour ça que j’y allais en waders et je marchais le plus loin possible afin d’être au plus proche des poissons.

Pour le matériel j’utilise une canne en 2m40 en 20/60gr, ce sont des poissons avec une très grosse puissance lors de la touche, puis il faut lancer le plus loin possible. De plus, si on veut profiter au maximum de l’activité des poissons il faut faire ça de manière industrielle donc ramener le poisson le plus vite possible, le décrocher et relancer,  ceci évite aussi de trop fatiguer le poisson.

Enfin concernant les leurres, les moins couteux était le meilleur choix, car c’était 2/3 poissons par leurre avant le changement. Sur des soirées à 30/40 bars on épuise vite ses réserves. Le règlement oblige un hameçon simple et ce sont des poissons de belle taille donc j’utilisais des leurres de 18cm sur une tête de 21/28gr, même si les poissons étaient dans 2/3/4m d’eau, il fallait pêcher vite et animer fort pour attirer l’attention des poissons et prendre la touche + rapidement.

Sur cette pêche, il n’y avait aucun leurre qui sortait du lot, n’importe quel shad de 18cm du marché pouvait prendre du poisson, il fallait juste lancer au bon endroit, animer un peu fort et la frénésie du moment faisait qu’on était attelé au bout de quelques secondes. Il est clair que ce n’est pas la pêche la plus technique mais les moments que l’on passe sont uniques et l’ambiance qui se dégage est folle.

Concernant les périodes de pêche, on peut le pécher à partir du 1er Juillet jusqu’à l’automne, dans le coin ou je suis (côte nord du Québec) les poissons étaient présents en quantité jusqu’aux environs du 20 août, à partir de cette date leur capture était assez rare.

J’espère que ce cours récit vous aura donné envie de venir faire un tour au Québec.

À bientôt pour de nouvelles aventures à l’étranger,

Dorian Alix, pour le blog des Mordus de la truite.

 Source : Ministère de la Faune, forêts et parcs du Québec 

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