La reproduction de la Truite Fario alias Salmo Trutta

La reproduction de la Truite Fario alias Salmo Trutta

La reproduction de la Truite Fario alias Salmo Trutta

Pour beaucoup de pêcheurs de truite, commence une longue attente lors de la fermeture des secteurs de première catégorie.

Et oui, 6 longs mois débutent (du 15 septembre au 15 mars) durant lesquels vous allez tourner en rond, ranger 35 fois vos boites de leurres, les astiquer puis lustrer vos moulinets et cannes tous les 3 jours et rêver tous les soirs de la truite de 80cm que vous prendrez peut-être la saison prochaine…

Je dois alors vous dire, que pour moi, la fermeture de la pêche à la truite rime avec les plus beaux moments de la saison. En effet, une fois nos ruisseaux libérés de toutes pression de pêche, nous pouvons assister à partir de la fin du mois de septembre ou un peu plus tard (selon les régions, l’altitude, les températures de l’eau…) à la Fraie de la truite fario ! Certains diront « rien d’extraordinaire c’est juste des poissons qui se reproduisent, pas de quoi en faire un article… ».

Passant des centaines d’heures au bord de l’eau à partir du mois d’Octobre pour observer ce moment-là, je peux vous assurer que si vous êtes un vrai mordu de la truite vous allez en prendre pleins les yeux !

La preuve en image…

La fraie de ce poisson roi c’est pour moi l’espoir. Pourquoi l’espoir ?
Si vous ne vivez pas sur une autre planète, vous avez certainement remarqué que pour nos partenaires de jeu les temps sont durs. Entre nous, pêcheurs, qui avons forcément un impact sur la santé de nos populations de poissons (car le 100% No-Kill n’existera pas de sitôt, de même que l’arrêt du braconnage…), les pollutions chimiques (pesticides, engrais…) et organiques (lisier…), l’émergence de nouveaux prédateurs comme le cormoran, et surtout le changement climatique (assecs estival, étiage de plus en plus long et marqué, crues éclair… Nos truites luttent tous les jours pour survivre !

Pas très joyeux tout ça, mais vous devez être conscient que notre passion est réellement en danger et ce n’est pas Jean Pierre Foucault qui vous le dit dans le journal de 13h mais bien un pêcheur au contact des milieux aquatiques toute l’année. Il est nécessaire de prendre soin des poissons et surtout de leur environnement. Ce n’est pas pour rien que cette période de l’année, est sans aucun doute la plus importante. Voir des dizaines de géniteurs se regrouper sur les postes de fraie pour assurer leur descendance et donc l’avenir de notre passion est un spectacle merveilleux.

Parlons peu, parlons bien: la fraie c’est où, quand, comment ça se passe ?

Le balai de la reproduction de la truite fario commence dès fin septembre/début octobre sur certains secteurs de montagne (à partir de 1100 m d’altitude). Cependant il faut savoir que cela est très variable. Le temps d’incubation des œufs est de 420°c. Ainsi dans une eau en permanence à 7°C, il faudra donc approximativement 7°C x 60 jours et dans une eau à 4°C, 105 jours environ. Vous l’aurez comprit plus l’eau est froide, plus la fraie aura lieu tôt. Les poissons et la nature en général est bien faite et ce n’est pas la truite fario qui nous montrera le contraire !

La reproduction de la truite fario débute par une migration. Vous l’avez peut-être déjà entendu, la truite a tendance à remonter les ruisseaux pour frayer. Les têtes de bassins sont les secteurs qui offrent les meilleures conditions et pourcentage de réussites aux géniteurs. Ce sont donc tout naturellement des lieux de la plus haute importance. Les affluents des rivières sont essentiels et sont aussi des lieux privilégiés par les reproducteurs.

Sur cet exemple, vous pouvez voir à gauche un petit affluent primordial pour cette rivière. Une cascade certes magnifique, bloque cependant totalement la remontée des poissons sur les lieux propices. Ce petit affluent (à gauche) est alors un choix de première classe pour dame fario.

Comment reconnaître une zone de frayère ?

  

Il s’agit de zones peu profondes (généralement entre 20 et 50cm d’eau) soumises à un courant modéré dont le fond (substrat) est composé d’un lit de fins graviers et de cailloux compris entre quelques millimètres et plusieurs centimètres. Les fonds de radiers sont des endroits souvent très appréciés.

La fraie, comment ça se passe ?

Comme vous pouvez le voir, sur la photo ci-dessus, nos géniteurs ont migré sur un petit affluent, et se sont rejoins sur une zone de frayère. La femelle se positionne dans le courant et creuse une sorte de nid en déplaçant les cailloux avec sa nageoire caudale. Ce nid accueillera ses œufs et devra faire face aux différentes menaces naturelles (crues et prédation par les autres poissons comme les goujons ou encore les vairons qui sont friands d’œufs de truites),  jusqu’au printemps.

la femelle creusant le nid à l’aide de sa nageoire caudale

Un mâle s’approche d’elle. Il s’agit généralement du mâle dominant du secteur. Il nage à ses cotés sans la quitter en la frottant de très prêt pour la stimuler. Il est cependant nécessaire lors de ce balai aquatique de faire fuir les prétendants ou les curieux qui voudrait s’en prendre à sa progéniture. Durant la fraie, le mâle va protéger sa femelle jusqu’au moment ou la frayère sera en sécurité.

 

Une fois le nid prêt, la femelle expulse très rapidement ses œufs pendant que le mâle les féconde immédiatement en libérant sa semence sur le nid. Il faut alors faire vite pour recouvrir le nid, avant que les œufs soient emportés par le courant. C’est la femelle qui avec sa nageoire caudale va balayer des graviers et en recouvrir le nid pour mettre sa frayère en sureté.

Une fois la fraie terminée, certains poissons vont rester sur leur frayère afin de les protéger. D’autres plus affaiblis vont migrer à nouveau vers des zones plus propices pour reprendre des forces après cet effort. Vous l’aurez certainement remarqués, au mois de mars à l’ouverture certains poissons sont très maigres et ont encore des traces de leur ébats.

Le cycle de développement des œufs dure entre 2 et 6 mois selon la température moyenne de l’eau.

Il est important de savoir qu’en mars, période d’ouverture de pêche à la truite, les alevins ou futurs alevins sont encore dans les graviers. Le problème c’est qu’ils sont impossible à voir à l’œil nu et sont donc livrés aux piétinements des pêcheurs non avertis. Si l’on fait le lien entre le nombre de pêcheurs présents au bord de l’eau le jour de l’ouverture et la fragilité de ces « micro-alevins » on peut rapidement comprendre que ce sont des milliers de frayères détruites. Heureusement par endroit des panneaux signalent l’interdiction de marcher dans l’eau, en vigueur jusqu’au mois de Mai en général. Là ou ce n’est pas le cas, soyez prudent et respectueux, la nature vous le rendra ensuite.

La croissance des alevins, une fois sortis des graviers va être plus ou moins rapide une nouvelle fois selon la richesse du biotope du cours d’eau. Il faut savoir qu’en moyenne sur une frayère, seulement 2 voir 3 individus en moyenne se reproduirons dans l’avenir. La sélection naturelle est rude et les truitelles sont soumises à de nombreuses épreuves. Une truitelle à l’âge de un an mesure entre 5cm et 18cm selon la température de l’eau, la nourriture disponible, l’altitude… elle atteindra sa maturité sexuelle seulement à l’âge de 3 ans, à laquelle elle mesura entre 18 et 40cm toujours selon le biotope.

Pour finir, je ne peux que vous rappeler que c’est cette reproduction naturelle qui donne à nos truites des robes aussi belles les unes que les autres. Chacun d’entre vous à surement déjà dû s’émerveiller devant la beauté de l’une de vos prise. Petites ou grosses chacune d’entre elle est unique.

Il est important de savoir que dans beaucoup d’endroit en France, l’alevinage est pratiqué faute de reproduction naturelle suffisante. Ces alevinages ont certes l’avantage d’augmenter la densité de poissons, mais ils modifient les souches et les gênes des poissons, les rendant ainsi moins résistants face à leur environnement (sauf si les alevins sont issus de géniteurs prélevé dans le milieu naturel).

Je ne peux donc que vous conseiller d’aller prendre l’air en cette fin d’année et d’aller voir vos partenaires de jeu pour admirer ce magnifique spectacle. Sur beaucoup de secteurs notamment en montagne la fraie est déjà finie cependant sur les régions de basses altitudes, ce n’est que le début.

Pensez à rester discret pour ne pas les déranger et surtout régalez vous 😊 !

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